Herbie Hancock plugged

Dans un entretien donné à Marc Moulin en 1987, Herbie Hancock expliquait à propose des synthétiseurs : "I would love to have the time to study these instruments. I'd like doing things like that. I would like to repair them. I'd like to have screwdrivers and all kinds of tools, and fix things. I'm that kind of person, I've always been like that since I was a kid. But I don't have time to do that and to create at the same time. If I have people who are fast at programming..."
25 and plus tard, Herbie a visiblement trouvé chaussure à son pied. Il nous offre une séance à la fois grandiose et intime de déconstruction-reconstruction de standards à grands coups d'iPads et de synthétiseurs.
Nombreux sont ceux qui peuvent ouvrir un réveil et en étaler les pièces sur une table ; beaucoup plus rares ceux qui peuvent s'en servir pour reconstituer un autre réveil en état de marche. Armé de ses tournevis, Herbie Hancock y parvient magistralement. Il demande aimablement au public : pourquoi dépiauter ces morceaux pour les reconstruire autrement ? Personne ne répond. "Well, first because I can." Indéniable et stimulant.
Herbie et ses iPads

Deep Purple ne nous quitte pas

Témoignage de première bourre : un concert de Deep Purple, c'est de la haute culture. Le public était plus convenable que certains soirs au Palais des Beaux-Arts. La qualité du concert était à l'avenant : une prestation envoûtante. Pas le temps de souffler entre deux morceaux (ils doivent prendre les mêmes vitamines que Paul Weller), chacun tenant parfaitement la route sans doute grâce aux années de professionnalisme et au plaisir palpable des membres du groupe. Un plaisir partagé : la salle s'est littéralement embrasée lorsque Don Airey a repris "Ne me quitte pas" de Brel. Deep Purple connaît son rayon et bien au-delà.
Deep Purple ne nous quitte pas

Quand les oreilles ouvrent les yeux

Je lis que Richard Hawley est un crooner. S'il l'est, alors Alain Bashung aussi, et vous voyez où tout ça nous emmène : là où il importe peu d'aller ou pas. Richard Hawley ressemble au type assis là dans le café, à celui qui se paie des frites en famille à la kermesse ou qui pousse son caddie à la caisse d'à côté au supermarché. On ne lui accorderait aucune attention, et ce serait dommage parce qu'une fois qu'il l'ouvre, on rit de ce qu'il dit et on aime vraiment ce qu'il chante. Il a probablement fréquenté le magasin de disques du héros de High fidelity (mais si, le livre de Nick Hornby).
Si je soupçonne qu'Iggy Pop mérite un meilleur public, Richard Hawley a plus de chance (un public en voie de disparition : celui qui vient gentiment poliment pour voir et écouter le concert).
L'air de rien, ce garçon dépote en douceur et profondeur. Rock, guitares et électro (bon d'accord, il y a aussi un batteur évidemment), aucun chauve et aucune queue de cheval, diantre ! ils osent. Il a une excellente voix, d'excellents choix musicaux, d'excellents musiciens et une aisance sur scène qui devrait rendre espoir aux physiques les plus banals. Finalement, la grande classe c'est peut-être Richard Hawley tout autant que Paul Weller.
Richard Hawley

Sensations impressionnistes

Jean-Philippe Collard suait pour nous à la Bourse, dans le cadre du Brussels Summer Festival 2012. En première partie, 12 préludes de Debussy. En seconde partie, 24 préludes de Chopin. Très impressionniste, ce qui - pour mes oreilles de néophyte - était à la fois surprenant et intéressant. Je me suis couchée moins bête. Jean-Philippe Collard est peut-être tombé d'un livre de Sempé, il pourrait physiquement passer pour son neveu et nous entraîne moralement dans un univers tout aussi réjouissant.

Jean-Philippe Collard 8.2012

Cock in his pocket

Il est né en 1947, talentueux et hypermotivé, prêt à travailler avec acharnement pour la scène. Jorge Donn rencontre Maurice Béjart. Et James Newel Österberg, devenu entretemps Iggy Pop, rencontre les Stooges.
65 ans plus tard, on se souvient que Jorge Donn est mort depuis 20 ans déjà et Iggy Pop nous en met plein la vue, exhibant fièrement stigmates et énergie sans égale. Le public ne lui arrive pas à la cheville et Iggy le sait mais il s'en fout et il lui donne sans compter.

Deux félins blonds impressionnants, l'un beaucoup plus mort que l'autre. Il y a certainement une leçon à tirer de tout cela, mais laquelle ?

Iggy

Beaux restes

Catherine Ringer terminait à Bruxelles sa longue tournée Ring n' Roll (post - Fred Chichin), accompagnée à la guitare par leur fils Raoul (que Trigger persiste à appeler Dave). Elle reprend des vieux tubes des Rita Mitsouko et son album solo. On veut vivre la ménopause comme elle.

Catherine Ringer